La 1ere dent

Cela fait quelques semaines qu’elle bougeait cette satanée dent. On avait préparé le coup, on t’avait expliqué comment ça allait se passer. Ton cousin Martin avait perdu sa 1ere dent il y a quelques mois déjà, alors tu savais.
Et puis ce soir, en rentrant du centre aéré, toute fière, tu nous a montré ce petit vide dans ta bouche. La dent est tombée dans la journée. Ta 1ère dent de lait qui tombe. Perdue dans la cour, mais tu as oublié ce détail, toi tout ce que tu attends, c’est le passage de la petite souris cette nuit…

Les petites phrases (suite)

Tes questions, qui sortent de nulle part :
Est ce que le vent va plus vite que la musique?


En arrivant à l’école le matin :
– Tien papa, mon doudou. (elle me tend son doudou). Viiiiite!
– Pourquoi vite?
– Y a Samuel!


Toi en été :
J’ai perdu la gauche tong papa!


Et toi qui fait du développement personnel sans le savoir
– Un petit tour en vélo, et j’aurai fini ma liste.
– T’as une liste toi? y a marqué quoi dessus?
– Vélo et jeux
– T’as bien raison…

Quand vous n’êtes pas là

Encore une fois, c’est le soir où vous n’êtes pas là que je me retrouve à vous écrire. A penser à vous 2, à me dire combien vous avez grandi, combien les dernières photos ici sont déjà obsolètes.
Je regarde les photos et je souris tout seul devant cet écran. C’est bien ca qui est incroyable, je souris à chaque fois.


Les petites peurs

Il y a eu un moment moins marrant. Toi Clarence, tu nous as fait quelques petites peurs, quelques crises ces dernières semaines. Un phénomène assez bizarre en fait.
Cela a commencé un soir, pendant ton biberon. Tu étais avec ta maman, elle m’a appelé pour que je constate le phénomène, mais je suis arrivé trop tard. Cela avait duré 5mn. Elle m’a dit que tu avais fait une crise, que tu te débattais fortement et étrangement.
Puis cela a recommencé quelques heures plus tard, en pleine nuit. Et là, j’étais aux 1eres loges, alors j’ai vu. Je t’ai vu pleurer à grosses larmes d’un coup, alors que tu dormais à poings fermés l’instant d’avant. Je t’ai vu te débattre, gesticuler dans tous les sens, et me sentir impuissant. Je t’ai pris dans les bras mais tu continuais à pleurer, comme si je n’avais rien fait. Tu pleurais et criais comme si tu souffrais intensément. J’avais beau essayer de te calmer, de te balader, de te faire boire, mais rien n’y faisait. J’avais peur de te lâcher tellement tu te démenais dans tous les sens. Quand ta maman s’est levée pour voir ce qu’il se passait, j’étais dans la cuisine, par terre, avec toi entre les bras. Complètement désabusé je pense. Clairement paniqué. J’avais peur que tu t’étouffes, que tu ais mal, qu’il se passe quelque chose de grave que je n’étais pas en mesure de gérer. Puis tu as arrêté. D’un coup, comme c’est venu, tu es redevenu adorable.

Alors on est partis aux urgences, tous les 4, en pleine nuit. Mais ils n’ont rien vu, ils n’ont pas compris : on leur parlait d’un démon que l’on arrivait même pas à fixer du regard, et ils avaient en face d’eux un bonhomme tout gentil, fatigué car encore debout à 2h du matin.

Puis ces « crises » se sont répétées. Cela s’est produit 5 fois en tout en 1 mois. Souvent autour du coucher. Comme on avait du mal à l’expliquer, on t’a filmé, et on l’a montré à notre médecin. Elle nous a conseillé une écho, pour mettre de coté quelque chose de grave et d’urgent. Effectivement, le fait grave semble avoir été écarté, mais il y a autre chose qui est peut être la source de tes maux : tu as de gros ganglions autour de l’intestin. Un truc nommé adénolymphite mésentérique apparemment. Rien à y faire si ce n’est soigner les symptômes ORL qui te provoqueraient ca en cascade. Alors on soigne…et on patiente. Et à chaque fois que tu te réveilles la nuit, on y pense, et on espère que cela ne recommence pas.

Vos dessins

Je ne parle pas souvent de vos dessins, et pourtant vous en faites des tonnes. Littéralement des tonnes.
Pour toi Lili, cela a longtemps été des formes abstraites, des « crabouillas » comme tu le disais. Et puis les personnages sont venus. Tu nous demandes même de te passer commande maintenant quand tu dessines. Même si au final tu nous fais souvent des sirènes, ton personnage préféré.
Exemple:

Et puis toi aussi Cla, tu commences à dessiner. Intrigué par ce que fait ta soeur, tu te mets à coté d’elle et débutes tes propres gribouillages. Des fois à coté de la feuille, des fois à coté de la table. Des fois sur la feuille.

Le relou

La situation semble s’être inversée dernièrement : alors que c’est ta sœur qui t’embêtait jusque là (elle te soulevait, ou faisait le clown juste devant toi), tu sembles avoir pris le dessus depuis peu. Maintenant, c’est toi le relou. Et tu fais ton job à la perfection.

Lorsqu’elle regarde un dessin animé à la télé, tu t’amuses à éteindre la télé, puis à courir. Tu sais l’effet que cela provoque et tu le cherches : elle crie, et nous on arrive quelques secondes après, et on te dispute. Ça c’est le première fois; Mais tu continues, et j’avoue qu’au bout de la 7eme fois, Lili crie toujours, mais nous on abandonne un peu. Tu as trouvé ta tactique je pense.
Et ce n’est pas tout : quand elle est bien concentrée, tu t’amuses aussi à l’embêter directement, alors tu montes sur le canapé à coté d’elle, et tu lui montes dessus, tu t’allonges sur elle, ou tu lui donnes des coups de tête. Tu fais tout pour faire l’intéressant et qu’elle joue avec toi.
Alors oui, tu es LE relou dans ces moments là. Mais on sait que tu fais ça pour jouer avec ta sœur, alors on trouve ça mignon.