Quelques petites phrases

Quelques petites phrases, ici et là. Des conversations, souvent le matin, pendant le petit déjeuner. Comme à ton habitude, les sujets sortent de nulle part, et tu rentres directement dedans. Comme si tu y pensais depuis quelques temps dans ta tête, et que tu me livrais ta synthèse.

Une sur mon grand père.
« il me manque beaucoup papy jacques »
– moi aussi ma Lili
« il est parti au ciel »
– oui
– « et quand il est au ciel, il dort ou la nuit? »
– heu, je sais pas
– « il dort peut être sur les nuages? »
– oui, peut être.

Et une sur l’Afghanistan, étrangement.
– « c’est quoi la carte?
 »
– ca, c’est l’afghanistan. C’est un pays à qui il arrive plein de choses pas bien. Il y a la guerre….Tu sais ce que ça veut dire?
C’est quand des gens sont pas d’accord, et qu’ils se battent.
– « pourquoi ils sont pas d’accord? »
– heu, pour pleins de raisons (que je ne tenais pas forcément à détailler)
– « parce qu’ils ont pas la même couleur? »
– oui, notamment.

Les petites histoires

Le soir, avant de t’endormir, on te raconte une histoire. ou 2. Ton but à toi, c’est que cela dure le plus longtemps possible, alors tu as trouvé le truc avec moi, tu passes ton temps à m’interrompre. Pas n’importe comment hein, tu choisis tes coupures soigneusement. A base de « tu sais papa…..? » suivi d’une histoire qui dure 3 plombes, ou de questions diverses et variées sur l’histoire, type « mais pourquoi papa? » avec l’air convaincue. Alors certains soirs, je me laisse prendre et on part dans d’autres contrées, où je me retrouve à t’expliquer la différence entre les humains et les animaux, à t’écouter me raconter ce que t’a dit Amber à l’école, ou simplement t’expliquer pourquoi le petit chaperon rouge est sortie du ventre du grand méchant loup grâce à son aiguille (…). Ce qui m’amuse, c’est que j’ai mis du temps à cerner ton petit jeu.

la rupture

*l’air sérieuse* :
« papa, ben Clément…c’est plus mon amoureux. »
« ha? pourquoi? »
« il a choisi Ingrid! »
« ha! »

Alors je te dis que c’est pas grave, je t’explique que tu pourras avoir tous les amoureux du monde, que c’est toi la plus jolie de toutes façons.
Tu as 3 ans, et je me surprends à être triste pour toi. Même si cela m’effraie un peu pour la suite, j’avoue.

2 mois

Nous sommes le 11 Avril, tu as 2 mois aujourd’hui. 2 mois, c’est énorme, et ça passe comme un claquement de doigts. Tu en es où à 2 mois? Tu prends des biberons de grands, 210ml s’il vous plait. Tu manges bien, même si tu as quelques problèmes de digestion. Tu dors bien la journée, moins bien la nuit. Tu es pas mal expressif, à sourire à ta soeur dès que tu la vois, à nous sourire aussi des fois à nous, simples parents. Tu areuh-tes pas mal, pour t’exprimer, comme quand tu es content. Enfin, c’est comme ça qu’on l’interprète. Et puis tu commences quelques vocalises.
Le matin, ta maman te met sur ton tapis d’éveil, elle ouvre les volets, et tu sembles bien. Tu regardes dehors, tu t’agites, tu vocalises.
Tu prends souvent ton bain avec ta soeur, vous semblez apprécier ça tous les 2.
Bon, et puis il y a les nuits aussi. Les nuits toujours, fatigantes pour nous, et pas super pour toi. Tu te réveilles 1 à 2 fois en pleine nuit, par faim. Et puis quand tu as mangé, tu te rendors…ou pas. A suivre.

Le mot du soir

Je te parle des membres de la famille, ici de tes grands parents, et je dis comme pour les autres, qu’il est important de leur dire je t’aime. Tu ne sais pas encore pourquoi, mais je ne pense pas que ce soit une mauvaise habitude. Je te parle comme à une grande fille ces moments là, et j’ai l’impression que tu comprends. Et puis il y a ce moment magique, où tu me cloues le bec et tu me dis « papa, je t’aime ».