Elle et lui

Je n’ai jamais parlé de vous 2 en même temps, et pourtant, il y a déjà des liens.

Coté Lili, cela fait quelques mois qu’on lui a dit que quelque chose se préparait. Lors de l’annonce, tout étions tout sourire, et je pense que tu as eu la réaction la plus logique au monde : tu t’en fichais. Tu nous as dit « ok », voilà, on passe à autre chose.
Et puis au cours des semaines, le sujet est revenu. Il est revenu par l’école notamment, et via cette remarque que j’ai  beaucoup aimée : « papa, mathéo il m’a dit c’est un garcon et une fille ». « Heu, ce n’est pas possible ». « Siii, il me l’a dit! ». Puis par différents trucs que l’on t’a expliqués : le ventre qui grossi, le fait que ca allait être un garcon, par la notion de « petit frère » que tu commences à utiliser toute seule maintenant.
Et puis par la place qu’on est en train de lui faire. Une chambre à aménager, on regarde les jouets et accessoires que tu avais toi et qu’on pourra lui prêter. Ce matin, on rangeait tes livres et tu en as amené certains dans l’autre chambre « pour petit frère ».

Et coté Lui, je pense sans trop me tromper, que tu dois déjà bien connaitre la voix de ta sœur. Ta sœur qui crie, qui chante, qui cause tout le temps, et certaines fois même les 3 à la fois.

Noah, y dit que…

Depuis 2 semaines, dès que tu te rends compte qu’il faut dire les choses d’une certaine manière, et pas d’une autre, tu as recours à la même phrase : « Noah, y dit que… » et tu compares les 2 versions. Alors on a tout eu avec Noah (qui est un de tes camarades à l’école) : il sait pas donner à manger au chat, il sait pas mettre son pyjama, il sait pas ranger sa chambre, etc. Ca a l’air bien pratique cette figure de style, alors nous on écoute. Et quand on voit Noah le matin à l’école..ben on dit rien.

« Noa y dit que 5 c’est comme ca (elle montre 8 avec ses mains), alors que 5 c’est comme ca (elle montre 5) ».

Tes mots

Quelques uns de tes mots me font craquer…

Il y a ton présent de l’indicatif : je va, comme dans « je va le faire », ou « je va chez mamy »
Il y a ta relation de cause à effet récurrente grâce au fameux « paque« . « Paque c’est comme ca. »
Il y a ta fameuse cuillère de couleur marron, qui dans ta bouche devient « ma cuillère marronte« .

Et l’autre matin, je voulais te faire éteindre la télé, alors je t’ai dit que c’était fini les dessins animés. Et tu m’as séché quand tu m’as dit « la pub elle a dit y en a encore des dessins animés ».

Tes dessins

Depuis quelques temps, quand tu dessines, tu dessines des crabouillas. Tu prends chaque feutre, tu fais quelques traits, comme pour les essayer, puis tu changes de couleur. Jusqu’à temps d’avoir tout testé. Ca te plait bien.

Puis ce week end, pour la première fois, après avoir passé quelques jours en compagnie de ton cousin Martin qui dessine déjà super bien, tu t’es mis à dessiner une tête de bonhomme, très simplement, sans rien dire à personne.


Et après ce bonhomme, tu en as dessiné un autre, tout entier cette fois-çi. Ton 1er bonhomme.

Un dessin pour moi

Je rentre du boulot ce soir, et tu me dis que tu m’as fait un dessin aujourd’hui à l’école. Alors je suis super content.
Tu viens me voir avec ton dessin, tu me le montres, et je te dis : « c’est chouette ça, il est beau ton dessin. Et tu veux m’expliquer ce que tu as dessiné? »

Et tu me réponds simplement: « ben c’est un crabouilla, pake je suis petite »

conversations du soir

« Papa! Mathéo il m’a dit : « t’es moche! ». »
– « Ben c’est pas gentil. Et puis surtout, ce n’est pas vrai. »
Je ne m’y attendais pas à celle là. Je voulais en même temps te consoler, aller lui casser la gueule, et te rassurer sur le fait que tu es toute jolie. Finalement, je t’ai expliqué quelle répartie adopter dans ce genre de cas. A coup de « trompette en cornichon! » (copyright SamSam), et d’ensorcèlement (« abracadaschproutssh, je te transforme en souris! »).
Soit.