Et puis il y a eu la rentrée…

Cela fait longtemps qu’on l’attendait celle là. Ta 1ère vraie rentrée à l’école, chez les petits de la maternelle.
On t’en avait parlé durant l’été, pour te familiariser avec les termes, le principe, tout ça, et ca te disait bien. De faire comme ton cousin Martin notamment.
Puis quand ca a commencé à vraiment arriver, tu nous as sorti quelques « heuu, je veux pas y aller à l’école ». Je te comprends, passer d’un statut de vacancière à plein temps (et depuis plusieurs mois) à une organisation rigoureuse des journées, ca a de quoi chambouler.
Mais en vrai, en vrai de vrai, c’est plutôt nous qui avions peur de ce jour là. J’avais les larmes aux yeux quand je me suis retrouvé à te laisser le 1er jour, et ta mère pareil. Ça fait un sacré chambardement.

Bon, on t’a laissé quand même, tu as pleuré un petit peu, juste assez pour qu’on comprenne que tu es mieux avec nous, alors ca va.
Les 1ers jours ont été désorganisés. Nous qui voulions que tu retrouves vite une petite routine, chaque jour apportait au contraire son lot de nouveautés : le Jour J tu découvrais ta classe, le lendemain tu découvrais la garderie, puis week end, puis de nouveau la garderie, puis jour de grève, puis le centre aéré. Impossible de se reposer sur un lieu connu ou des gens connus.
Mais la routine commence à se faire maintenant, petit à petit. Tu commences à reconnaitre les gens, les lieux. Des copains même. Un garçon est venu te prendre dans ses bras ce matin à la garderie. Tu l’as envoyé balader pour me faire un câlin, à moi. Comment je te la ressortirai dans 15 ans celle là, haha.

Et puis mes passages préférés : quand le soir à la maison, tu nous racontes des bribes de tes journées. Ca a commencé par une petite comptine apprise avec ta maitresse Anne-Laure. Puis le nom de quelques copains/copines. Puis ce soir, tu m’as raconté avoir retrouvée dans la cour de récré la petite voisine, que tu avais joué à préparer à manger avec elle. Alors moi je suis content. « et qu’est ce que vous avez fait de bon à manger? ». « des glands ».

En voiture (suite)

Une semaine sans toi, alors quand on se retrouve, ca papote sec sur le chemin du retour. Tu comprends mes questions, me réponds, m’en poses d’autres.
Parmi d’autres:

« papa arrête! »
(j’arrête la musique)
« papa, quand j’étais petite, j’étais tranquillement dans le siège, je dormais, et c’est tout. Tu peux remettre papa! »
(je remets la musique)

(on parlait du fait que tu étais allée dans la ville ou habitait papy Jacques)
« on a pas mangé chez papy Jacques, il était encore au ciel »

« c’était bien ma lili? »
« c’était estraordinaire papa! »

petitouinouin, volume 2

Je viens de relire d’une traite ces deux années passées ensemble, tous les 3.
J’y ai vu beaucoup de sourire, toi qui grandis à vue d’œil, un papa gâteux et un peu mièvrerie aussi je l’avoue, et beaucoup d’amour surtout. S’il ne fallait retenir qu’une chose, j’aimerai que ce soit celle là : beaucoup d’amour.

dans le désordre…

– tu kiffes les sorcières, celle du film Kiki la petite sorcière, celles dans les livres, dès qu’il y en a une quelque part, il faut qu’on te lise l’histoire.

– Je me dis des fois qu’il faut que je fasse un billet sur les moments ou tu es relou, les moments où on se fachent. Mais j’en suis incapable ce soir, je ne m’en souviens d’aucun.

– en ce moment, quand tu apprécies quelque chose, tu nous le dis. « c’est chouette de faire du poney papa maman », tout ça. Alors on se dit à chaque fois que c’est chouette nous aussi.

– on est partis en vacances ensemble, et en te voyant sur la plage, je me suis dit que tu étais comme ta maman, que tu avais simplement besoin de soleil pour aller bien.

– dans 2 semaines, tu entres à la maternelle. J’ai l’impression que tu rentres en fac. Je n’aurai jamais cru ça, ‘avant’. Quand ils disent qu’il faut se préparer à la rentrée, je pense qu’ils parlent pour les parents.

– à chaque fois que je relis cette citation dans le bouquin de ta maman, « élever un enfant, c’est lui apprendre à se passer de nous », je me dis que j’ai encore du boulot.

une semaine sans toi

Cette semaine, nous sommes sans toi. Tu es chez ta mamy pour les vacances. On est content que tu passes du temps là bas, on sait que tu y seras bien et chouchoutée. Mais c’est une semaine sans toi. Alors ca fait vide. Drôlement vide, tout ça, chez nous, ta chambre, le calme le matin, le calme le soir. On est plus habituée.

papy

On entrait dans le supermarché tous les 3, il y avait un vieux monsieur devant nous. On le voyait de dos, assez grand, les cheveux gris blancs, avec sa veste beige. Tu t’es arrêtée, puis nous as dit : « on dirait papy jacques ».
C’est la 1ère fois que tu en parles, spontanément comme ça, depuis qu’il est parti. Alors cela suffit à me faire sourire.