prendre un enfant par la main?

J’ai pris le fils de Karim dans mes bras hier soir. C’est un truc que je m’étais toujours refusé de faire. Au démarrage, parce que cela me faisait peur, peur de le laisser tomber, de ne pas savoir comment le prendre. Puis un refus qui m’arrangeait bien aussi, car les années passent, mais je ne sais toujours pas comment faire.

Il me l’a proposé hier donc, et je l’ai pris dans mes bras. Je ne sais toujours pas y faire, mais je me suis débrouillé. Je me suis vu dans quelques temps, et je me suis dit que cela me tardait.

2ème première écho

Un rendez vous comme il fallait : un endroit grand, avec plein de femmes enceintes. Une écho tout d’abord, où un monsieur confiant nous dit que tout est ok, que le voilà, qu’il a de bonnes proportions, la taille du fémur, la nuque, tout ça. Il nous fait écouter son coeur. Pour la 1ere fois, je concois clairement qu’il se trouve dans son ventre à Elle. J’ai ma main sur son épaule, c’est le geste le + intime que l’on peut avoir à cet instant, et c’est pourtant un des gestes les + intimes que l’on a partagé.


Puis le medecin, rassurante également. Je suis content, je pense que c’est ce dont elle on a besoin. Elle va nous suivre. Elle explique 2, 3 choses. Re-écho. « il est parfait ». Je n’en attendais pas moins :o)
Quelques questions. « le futur papa a d’autres questions? ». J’ai mis 10 secondes avant de me rendre compte qu’elle me parlait. J’esquisse un sourire.
Je ressors de là, comme si on ne m’avait dit que cette phrase : ca y est, c’est réel.

On a été faire un peu de shopping apres. Mangé un bout ensemble au starbucks. Je ne voulais pas trop partir. J’ai été sur une autre planète toute l’apres midi. J’ai eu envie de lui dire je t’aime en la quittant, mais je n’ai pas osé.

c’est aujourd’hui que je commence ce LJ. Pour pallier à ma mémoire de poisson rouge. Pour partager tout ça + tard.

Elle, a eu mal au ventre en continu depuis le début. Pour ma part, j’ai eu des crampes d’estomac pendant 3 jours. C’est incroyable l’effet que cela peut me faire.
Je suis content. Je ne le dis à personne -sauf à elle- mais c’est bel et bien là.
On attend.

1ère écho

1ère écho, pour vérifier que ce n’est pas une grossesse extra-utérine.
Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre. On y va tous les 2, le matin. Un endroit impersonnel. Le médecin arrive, fait l’écho, je choppe des bribes d’images (un haricot), de sons (un coeur?), il ne sort de son silence que pour dire « tout va bien ».
J’ai chaud, je ne me sens pas bien, alors je m’assois.

On sort de la pièce, tous les 2 contents. On a rien vu, on a rien compris, mais les 3 mots sont là, alors ca va. Elle, se sent mal, va vomir. Moi, toujours besoin de rester assis pour ne pas me trouver mal.
Une belle équipe :o)

2 oct 06

Je suis rentré du boulot un peu tard, vers 20h, 21h, je ne sais plus trop. Elle était déjà là.
Je me souviens, je venais juste de rentrer, j’enlevais mon costume dans la chambre. J’étais enervé et je commencais à lui reprocher un truc super grave style un vêtement pas rangé à la bonne place. Elle, tournait autour de moi, était toute contente, et me dit « c’est pas grave » avec un ton désinvolte, je me souviens ca m’avait surpris.
Elle m’attire dans le couloir et me dit : ‘j’ai quelque chose à te montrer’. Elle était toute sourire. Et moi, évidemment, je n’avais pas compris. Elle me dit « heuu, ferme les yeux…tu les fermes, hein? heuu, je te montre ou pas?? ». Je ne m’attendais pas du tout à ça, alors je lui disais calmement « comme tu veux ».
J’ouvre les yeux, elle me montre le test positif.
J’ai mis quelques secondes à réaliser. J’ai voulu ne pas avoir une réaction con, mais en fait, je crois que j’ai échoué :o)
J’ai souri, je m’en souviens. J’ai bloqué sur le test, évidemment. C’est simple à pleurer, mais je l’ai étudié de longues minutes. Je me souviens m’être assis, sur le radiateur. Il fallait que je m’assois.
Je l’ai prise dans mes bras. On est restés un peu là, on a peut être parlé, je ne m’en souviens plus. Pas trop en tout cas.

Puis on a continué notre soirée de manière classique. Dans le salon. A manger, à regarder un SFU. Sans en avoir parlé, on était sur cette même longeur d’onde « rien n’est sûr, laissons passer un peu de temps avant de prendre ça au sérieux ».
Une soirée classique, sauf que je ne pouvais m’empecher de sourire.