Ta parole

J’ai peu écrit ces derniers temps. En fait, je m’inquiétais un peu, et je ne savais pas l’écrire. Il y a 2 mois de cela, nous nous sommes rendus compte d’un problème d’élocution. Tu répétais le début des mots, quelques fois, puis souvent. Et puis tu parlais moins. De phrases, tu es passée à des mots, puis tu avais du mal à terminer les sons. Une « régression ». Le mot m’a fait peur. Je me suis inquiété pour toi. Je pourrai mettre cette phrase au présent de vérité générale, mais là, il est vrai que je me suis réellement inquiété. On imagine toujours le pire, que cela soit justifié ou non. A chaque fois que tu buttais sur des mots, j’avais envie de te prendre dans mes bras.
On se dit que tu passes la journée avec d’autres enfants plus petits, que ça a surement un rapport.
Alors on a pris rendez vous chez l’orthophoniste. Mais la situation a évolué en parallèle pour moi. La semaine un peu, et le week end surtout, on t’a parlé plus, plus doucement, avec plus d’amour, avec plus de patience, avec plus d’attention. Et j’ai l’impression que cela s’améliore, doucement. Le rendez vous avec l’orthophoniste nous a confirmé ce que l’on commençait à faire avec toi : se concentrer sur ce que tu as à dire, plus que sur la manière de le dire.
Peut être que tout ça disparaitra d’ici quelques mois, peut être pas. On verra.

Dans tous les cas, cela m’a permis de me rendre compte que je t’aime quoiqu’il en soit. que je t’aimerai quoiqu’il en soit.

1er coiffeur

On pensait t’y amener plus tôt, et puis non, ta 1ère fois chez le coiffeur s’est faite ce matin, à 2-ans-et-demi-passés. Il fallait un peu réorganiser tout ça, tes cheveux, que tu avais devant les yeux, qui étaient longs à un endroit puis courts à d’autres.  Contre toute attente, tu a été sage -parce qu’impressionnée-.
…et tu es passée de bébé à petite fille.

Celui qui achète des livres en avance

C’était il y a quelques mois déjà, je suis tombé sur un livre superbe en me perdant dans un magasin. Un joli contenu, de jolies illustrations. En le parcourant, j’ai tout de suite pensé à toi, je me suis dis qu’il fallait que je te le prenne, qu’on le lise ensemble. J’ai vu l’étiquette « à partir de 8 ans « , et ca m’a fait sourire.
Alors si je n’y pense pas, dans quelques années, rappelle le moi :o)

nos petites discussions

Ce qui me fascine en ce moment, ce sont vraiment nos petites conversations. Ça peut être le matin en déjeunant, en voiture, ou dans ta chambre, quand on est tranquille 5mn tu me parles d’un sujet, alors je t’écoute, je renchéris, et c’est parti. J’essaye toujours de t’expliquer des choses trop complexes (ta grand mère, hé bien c’est la maman de ta maman!), mais je suis très friand de ses moments où tu es curieuse, et où tu sembles tout comprendre. Tu choisis tes mots, tu choisis tes sujets, tu me parles de ta maman, des gens que tu as envie de voir, ou de ce que tu as fait récemment, tout ça.

Les choses délicieuses

Depuis que tu as été malade cet été, ton grand truc, c’est les crottes de nez. Au début, le nez coulait, alors ca tombait tout seul dans la bouche. Et puis après, tu as commencé à te mettre les doigts dans le nez…et à les manger. On te dit évidemment qu’il ne faut pas le faire, mais c’est surement ce que tu trouves marrant justement. Alors tu te caches dans un coin (face au mur dans un coin de pièce, ou derrière une porte), tu fais tes trucs, puis tu ressors avec un large sourire coupable..Et nous, on te gronde.
Ce matin encore dans la voiture, je suis allé fermer le portail, et en revenant -là ou d’habitude tu t’attristes d’avoir été seule 3 sec- tu arborais un large sourire. Alors je savais. Cela me fait rire finalement, même si je ne te le dis pas.

les débuts chez la nouvelle nounou

La rentrée a été un peu dure cette année : on a déménagé, donc tu as changé de lieu de garde. Tu es passée de la crèche à une nounou. Elle est bien et tout, mais les 1ers jours, c’est un peu difficile, après 3 semaines tous les 3.  Alors quand je t’amène le matin, tu pleures toutes les larmes de ton corps. En plus, comme tu es malade en ce moment (rhino+otite), il y a de la morve de nez à ne plus savoir quoi en faire quand tu pleures…Le 1er jour, je me suis fait avoir, après t’avoir déposé, je suis rentré changer de chemise. Le jour 2, j’avais prévu le coup, j’avais mis un Tshirt le temps de t’accompagner et….je me suis fait avoir, après t’avoir déposé, je suis rentré changer..de pantalon. A partir du jour 3, ca a été…

Et puis le soir du 1er jour, quand je suis rentré, j’ai voulu te reparler de ce qu’il s’était passé ce matin là. Que tu avais pleuré à chaudes larmes, que tu avais fait ta crise, et que cela ne me plaisait pas de partir au travail en te laissant comme ca. Tu n’as pas réagi, pas un mot, rien. Puis 5mn après, alors que j’ouvrais le frigo à tes cotés, tu as caressé mon bras doucement en disant « mon papa à moi ».