Ma fille. Tu es désormais une ado. Je ne sais plus quand tout cela a commencé, mais tu es réellement dans cet age maintenant. Nous étions en présence d’une pré-ado jusqu’il y a peu, mais là, le virage est franchi.

Ton corps évidemment, qui change. Tu es grande, belle. Tu commences à avoir des formes. Tu prends soin de toi (enfin, sauf pour les douches 🙂 ), tes bijoux, tes boucles d’oreilles, coiffer tes cheveux, tu mets des plombes à te préparer. J’ai encore certaines phrases récentes qui résonnent : « je peux pas aller fait un tour en vélo, j’ai une queue de cheval » (explication : je veux pas l’enlever au profit du casque). « je peux pas mettre de masque (anti-covid19), ca va pas avec ma tenue », « j’ai rien à me mettre », etc, etc.

Et puis il y a surtout dans ta tête que cela change. Tu es + sure de toi. Je ne sais pas d’ou vient cet aplomb, mais tu l’as en ce moment, avec nous du moins. Tu assumes ce que tu dis, les prises de tête quand il le faut. Tu as ton avis, fixé. Je suis persuadé que tu es paumée également dans ta tête comme toutes les ado, mais tu ne le dis pas.

Tu lis beaucoup, surtout depuis le confinement. Des tas de bouquins et de Bds. Des histoires d’ado. Cela te fait rever je pense, voyager du moins. Des bouquins en 10 tomes, tu aimes ca.

Je ris beaucoup avec toi. Tu ris à mes blagues, et j’aime les tiennes aussi. On « délire ».

Tu passes beaucoup de temps dans ta chambre, c’est ton antre. Ta journée préférée se passe je pense dans ta chambre, seule, tranquille. A bouquiner, à écouter de la musique. A crier dès que ton frère ose rentrer sur ton territoire. Tu as surement d’autres occupations que tu ne nous partages pas, mais c’est ca l’adolescence. Tant que tu vas bien, ça me va. J’espère voir ce qui est important, j’espère que je décèlerai les signes un jour, si jamais tu as des problèmes.

Tu écoutes beaucoup beaucoup de musique. Comme pour ton frère, je pense que j’en suis un peu fier. J’aime que vous vous forgiez vos gouts, votre culture. Quoi que ce soit pour le moment 🙂 Tu mets la musique partout : dans ta chambre, dans la salle de bains, dehors, etc.

Tu as des tonnes de jeux et d’activité dans ta chambre, et à force de trainer dedans, tu ressors par période chacune des activités : DIY, lego, créations en tout genre…

Tu as des très bonnes copines. Tu leur parles régulièrement. Je pense que cela fait partie des socles de ta vie mais tu nous en parles peu. Tu ne me parles pas de garçons, « évidemment ». J’aimerai, mais cela vient peu. Quelques fois, néanmoins. Je me doute que c’est la grande inconnue. Je me rappelle d’avoir eu ton age, et je peux te confirmer que les filles représentant l’inconnu pour eux également.

Tu parles beaucoup. On adore ca avec ta mère. Tu nous racontes souvent ce que tu viens de voir. Dans les moindres détails, alors ca prend des plombes. Pas des films révolutionnaires, pas ce que tu penses vraiment toi, mais juste l’histoire, en commençant par tous les détails 🙂

Maintenant que tu es grande, tu restes seule certaines fois, et d’autres tu prends la responsabilité de t’occuper de ton frère. Tu lui fais à manger, etc. J’adore ca, tu es une super grande soeur.

Voilà ce que j’ai en tête d’une traite, quand je pense à toi, sans réfléchir. Je ne suis surement pas exhaustif. C’est + une impression que je souhaite te partager. Un amas de détails qui te représentent aujourd’hui.

On s’est engueulé hier. Oui, tu es têtue comme une mule, et tu veux avoir raison. Et cela vient évidemment de moi. Alors quand on se prend le bec, c’est le mur direct. Feu contre feu. Avec ta mère, cela se fait différemment. Vous n’avez pas la même magie, alors ca va. Vous trouvez des ententes. Mais nous, on a les même sorts, alors c’est vite sans fin. Je pense que c’est cette engueulade hier qui m’a donné envie de t’écrire. Pour dire que ça arrive des fois, que ça fait mal aussi un peu. Mais que c’est tout sauf grave. J’ai une chance incommensurable de vous avoir, toi et ton frère. Et mon amour est inconditionnel.